[ Toutes ces soirées, passées à pleurer dans le creux de tes bras omniprésents.
Ces insomnies, marquées d'évanouissement du sens simple de ce que j'appelle 'vivre'.
Ces bruits, agités au fond de ma mémoire, comme le hochet d'un enfant. Ces pas, répétés, d'une vitesse constante, comme m'obligeant à courir, les pieds cloués au sol.
Tous ces sourires bataillant en dessous des larmes, pour paraître beaux, et purs, alors qu'ils ne sont que les racines d'un masque s'étalant comme de mauvaises herbes sur mon visage.
Mais, ils deviendront vrai. Ces sourires, déterminés, ils deviennent vrai...
Ils ont été vrai, ces nuits perdues dans mes paumes, mes doigts dessinaient ces sourires, comme des filet auxquels mes mains pourraient s'accrocher avec volonté...
Ils ont tous été vrai.
Ces insomnies l'ont été aussi, comme mes cris silencieux, et desespérés dans la nuit, qui ont violencé mon âme, et ton coeur...
Mais la paix ne s'obtient pas à force de mots, pas dans nos appels écartelés entre la colère et la douleur... La paix s'obtient à force de silence, et le silence n'est que la fleur qui indique la fin d'un cri. Comme le bourgeon est synonyme de naissance, la fleur est synonyme de fin. Comme la fleur est synonyme de fin, elle indique aussi l'éclosion du printemps, à l'orée d'un nouveau monde.
La fleur perce la neige épaisse comme le monde qu'elle recouvre, elle se montre, comme nouvelle chaque matin, comme délicieuse, et élégante chaque jour plus fort... Elle est telle cette neige poudreuse, chaque grain de son âme assemblés un à un, forment en elle une étendue invisible, sur laquelle peuvent s'étaler nos yeux aveugles, sans bien même la remarquer.
L'asphalte froid détruit ces petits êtres de chaleur, de douceur, leurs racines restent entérrées à jamais sous une vaste pleine de goudron, mais...en son sein, cette fleur, porte la vie de milliers d'autres espoirs, s'offrant aux yeux de jeunes enfants, innocents par leur admiration sans précédent...
Trop de choses recouvrent la véritable beauté. Trop de gens étouffent la véritable beauté de leur jugement superficiel, envers ce monde trop large pour être détaillé...Trop d'asphalte recouvre nos coeurs gelés. Trop de musique étouffe nos cris glacés. Trop de nuages recouvrent le ciel violenté par ce temps enneigé.
Mais trop peu de fois, je peux apercevoir ton sourire me réchauffer. Il n'y a que trop peu de temps entre le matin et les ténèbres, trop peu de temps pour réellement tourner la tête vers le soleil... Mais quand ses rayons se lèvent, tout comme son corps, trop peu de gens peuvent l'observer... Trop peu de fois tes mains m'ont frôlé, trop peu de fois j'entends ta voix...
Trop peu de fois, cette fleur peut éclore... ]
H--A--N--A